mâcher


mâcher

mâcher [ maʃe ] v. tr. <conjug. : 1>
maschier v. 1190; lat. imp. masticare
1Broyer, écraser avec les dents, par le mouvement des mâchoires, avant d'avaler. Mâcher du pain, de la viande. 1. mastiquer. « il mâchait pesamment et en faisant avec la bouche un bruit » (Stendhal).
Loc. (XVIIe) Mâcher le travail, la besogne à qqn, la lui préparer, la lui faciliter. Il faut tout lui mâcher. « des doctrines toutes mâchées » (Maurois). Ne pas mâcher ses mots : s'exprimer avec une franchise brutale (cf. Dire tout cru, appeler les choses par leur nom, avoir son franc-parler). « Voilà mon opinion, je ne la mâche pas » (Balzac).
2Triturer longuement dans sa bouche (une substance non comestible qu'on rejette). mâchonner, fam. mâchouiller. Mâcher du bétel, du tabac ( chiquer) . Mâcher du chewing-gum (ou gomme à mâcher).Spécialt Papier mâché.
Fig. remâcher. « Tout en mâchant mon amertume » (Dorgelès).
3Techn. Couper sans faire une section nette, en déchirant. Lame mal aiguisée qui mâche le bois.

mâcher verbe transitif (bas latin masticare) Broyer un aliment avec les dents par le mouvement des mâchoires : Mâcher longuement la viande avant d'avaler. Triturer longuement une substance dans la bouche : Mâcher du chewing-gum. Mordiller quelque chose entre ses dents : Mâcher un brin d'herbe. Familier. Expliquer minutieusement quelque chose à quelqu'un pour qu'il comprenne bien ; lui préparer ce qu'il a à faire : Mâcher le travail à un élève.mâcher (expressions) verbe transitif (bas latin masticare) Ne pas mâcher ses mots, dire ce qu'on a à dire crûment, sans ménagement. ● mâcher (homonymes) verbe transitif (bas latin masticare)mâcher (synonymes) verbe transitif (bas latin masticare) Broyer un aliment avec les dents par le mouvement des...
Synonymes :
Triturer longuement une substance dans la bouche
Synonymes :
- mâchonner
Mordiller quelque chose entre ses dents
Synonymes :
- mâchouiller (familier)
mâcher verbe transitif (ancien français machier, broyer, ou ancien picard maquer, frapper) Couper sans netteté, en déchirant les fibres, au lieu de les trancher. ● mâcher (difficultés) verbe transitif (ancien français machier, broyer, ou ancien picard maquer, frapper) Orthographe Avec un accent circonflexe sur le a, ainsi que dans mâche, mâchement, mâcheur (-euse), mâchoire, mâchonnement, mâchonner, mâchouiller. Remarque L'accent circonflexe remplace le s de l'ancienne forme du verbe, maschier (du latin masticare), qui s'est conservé dans mastiquer.mâcher (homonymes) verbe transitif (ancien français machier, broyer, ou ancien picard maquer, frapper)mâcher (synonymes) verbe transitif (ancien français machier, broyer, ou ancien picard maquer, frapper) Couper sans netteté, en déchirant les fibres, au lieu de...
Synonymes :

mâcher
v. tr.
d1./d Broyer avec les dents. Mâcher les aliments avant de les avaler.
d2./d Triturer dans la bouche. Mâcher du chewing-gum.
d3./d Loc. fig. Mâcher la besogne à qqn, la lui préparer de façon qu'il puisse l'achever sans peine.
Ne pas mâcher ses mots: dire sans ménagement ce que l'on pense.
d4./d TECH Couper en déchirant, en arrachant.

I.
⇒MÂCHER1, verbe trans.
A. — 1. [L'obj. désigne une substance comestible] Réduire en parcelles très petites, écraser avec les dents. Il faisait manger le petit, essayait de manger lui-même, coupait la viande, la mâchait et l'avalait avec effort, comme si sa gorge eût été paralysée (MAUPASS., Contes et nouv., t. 2, M. Parent, 1886, p.601).
Emploi abs.:
1. Je m'émerveillais, en effet, qu'on pût observer aussi scrupuleusement le code de la parfaite tenue à table, tout en faisant disparaître, à cette cadence, des morceaux d'un tel calibre! Un homme qui dîne seul et a faim, tombe presque toujours dans son assiette; il mâche, broie, ronge, travaille des joues, du menton, de la gorge. De Scève mangeait de haut, sans hâte, sans effort, mais il en était à sa troisième tranche...
VERCEL, Cap. Conan, 1934, p. 40.
Emploi pronom. à sens passif. La viande ainsi coupée à un aspect plus agréable, se goûte mieux, et se mâche plus facilement (BRILLAT-SAV., Physiol. goût, 1825, p. 69).
Loc. verb., vieilli ou littér. Mâcher à vide
♦Reproduire les mouvements de la mastication sans rien avoir sous la dent. Le sourd claquement de ses dents qui s'entre-choquaient comme celles d'un tigre qui mâche à vide (SUE, Atar-Gull, 1831, p. 35). La tête étonnamment simiesque de Girardin, qui broie sa nourriture avec les mouvements mélancoliques des mandibules de singes, qui mâchent à vide (GONCOURT, Journal, 1878, p. 1215).
Au fig. N'avoir rien de précis, de concret à utiliser. On le disait capable de tout. N'est-ce pas ce que la calomnie dit d'un homme quand elle mâche à vide et n'a point de pâture sous les dents? (BALZAC, Œuvres div., t. 3, 1839, p. 242):
2. En parlant d'un ordre qui existait, en le citant par son nom (...) l'abbé Givresin fournissait à Durtal une substantielle pâture pour la manie raisonneuse de son verbiage; il le mettait en mesure de ne plus mâcher (...) à vide.
HUYSMANS, Cathédr., 1898, p. 230.
2. Au fig.
a) Expliquer dans le détail de façon à faciliter à quelqu'un la compréhension et l'assimilation de quelque chose; préparer minutieusement à quelqu'un ce qu'il doit faire. Mâcher la besogne, le travail. Je l'attends donc, et, en attendant, je lui mâche et lui résume ce qu'il faut qu'elle commence à comprendre, à voir et à sentir (SAND, Corresp., 1861, p. 290). Quand on est cinquante ou soixante, un commandant c'est une bonne chose. Mais ces trois types, je ne vois pas pourquoi ils auraient besoin qu'on leur mâche le morceau (GIONO, Bonh. fou, 1957, p. 369).
b) Mâcher ses mots, ses paroles (ou un terme appartenant au même paradigme)
Vieilli ou littér. [À la forme affirmative] Prononcer de façon peu distincte. Nana se vengea des ennuis qu'on lui causait, en mâchant de sourds jurons contre les hommes (ZOLA, Nana, 1880, p. 1136).
[À la forme négative] Ne pas mâcher ses mots, son opinion (ou un terme du même paradigme). S'exprimer de façon claire et sans ménagement. Ils fourbent pour le plaisir de fourber, et, comme on dit, pour s'entretenir la main. Voilà mon opinion, je ne la mâche pas (BALZAC, Pts bourg., 1850, p. 64). Les autres camarades ne me l'ont pas mâché: dès qu'on me voit, on est édifié sur mon tempérament, on sent combien je suis femme et que «j'ai passé par tous les chemins» (FRAPIÉ, Maternelle, 1904, p.191). Le vieux ne mâchait pas les mots, crachant son mépris, éclaboussant cette passion d'une volée de boue (MOSELLY, Terres lorr., 1907, p. 264).
B. — [L'obj. désigne une substance gén. non comestible] Réduire en poudre ou en pâte en mordillant avec les dents et/ou en humectant de salive. Synon. mastiquer. Gomme à mâcher; mâcher un chewing-gum, une chique. Il frissonna, rouvrit les yeux, et regarda fixement devant lui, en mâchant rageusement sa gomme, avant de poursuivre (MARTIN DU G., Thib., Épil., 1940, p. 827):
3. Leurs voisins blancs estimaient fort les racines d'angéliques qu'ils mâchaient contre les troubles d'estomac, et un savant de la fin du
XVIIIe siècle attribua à certains des remèdes indigènes de fortes vertus cathartiques.
LOWIE, Anthropol. cult., trad. par E. Métraux, 1936, p. 363.
Emploi abs. Les peuples jaunes ont coutume de mâcher pour se rafraîchir la bouche (FLAUB., Tentation, 1849, p. 389).
C. — 1. Mordiller, saisir entre les dents à plusieurs reprises. Synon. mâchonner. Celui qui (...) prend la taille de la femme de chambre devant la maîtresse de la maison, mâchant son cure-dents, riant à ses propres bons mots et débitant des ordures (FLAUB., 1re Éduc. sent., 1845, p. 110). Le capitaine Gillmann continua, mâchant le bout de sa pipe de bruyère (MILLE, Barnavaux, 1908, p. 176). Il leur répondait, avec méthode, en mâchant son éternel bout de cigare (MARTIN DU G., Thib., Été 14, 1936, p. 249).
[Le suj. désigne un animal de selle] Que la mule rétive et la cavale Mâchent comme gingembre leurs mors (MORÉAS, Pèlerin pass., 1891, p. 105).
2. Au fig., littér. [Souvent à propos de qqc. de désagréable] Penser sans cesse à quelque chose. Synon. remâcher, ruminer. Mâcher sa douleur, son humiliation. Mâche cette idée dans ta ronde tête administrative, et moi j'exécuterai (LAMART., Corresp., 1830, p. 31). Je passe mes journées à mâcher je ne sais quelles rancunes (ARLAND, Ordre, 1929, p.376). Sur ce dernier point non plus, Jos-Mari, qui commençait à mâcher et à remâcher ses idées, n'était pas d'accord avec Andreas (PEYRÉ, Matterhorn, 1939, p. 118).
REM.1. Mâche, subst. fém. Avoir de la mâche, loc. verb. [Le suj. désigne un vin] Être riche en tanin. C'est la teneur en tanin d'un vin qui détermine l'emploi de certains termes chers aux oenophiles, tels que de la mâche, âpre, astringent (Dr G. DEBUIGNE, Nouv. Larousse des vins, Paris, Larousse, 1979, p. 282). 2. Mâché, adj. masc. Papier mâché.
Prononc. et Orth.:[], [-a-], (il) mâche [], [-a-]. Ac. 1694, 1718 mascher; dep. 1740 mâcher. Étymol. et Hist. A. 1. a) Ca 1185 (MARIE DE FRANCE, Purgatoire St Patrice, 413 ds T.-L.: E cele denz que vus avez, Qu'unkes vïande ne mascha); 1552 (EST. s.v. mando-mansum: mansum in os inferre. Luy bailler tout masché); 1580 (MONTAIGNE, Essais, II, X, éd. A. Thibaudet et M. Rat, p. 397: Ces historiens nous gastent tout: ils veulent nous mascher les morceaux); b) 1773 «triturer une substance molle dans sa bouche sans l'avaler» fig. des organes de papier mâché (VOLTAIRE, Lettre à d'Argental, 19 avr. ds Corresp., éd. Th. Besterman, t. 39, p. 391); 2. fin XIIIe s. [ms. Bibl. nat. fr. 837] fig. ne le querre maschier «ne pas chercher à dissimuler, dire franchement» (De la fole et de la sage ds JUBINAL, Nouv. recueil de fabliaux, t. 2, p. 79); 3. fig. a) XIIIe s. «se pénétrer d'une chose au point de la faire sienne, de l'acquérir» maskier sens «se pénétrer de sagesse» (Chans. et dits artésiens, éd. A. Jeanroy et H. Guy, XV, 36); b) ca 1350 «se pénétrer d'une chose, la méditer» (GILLES LI MUISIS, II, 192 ds T.-L.). B.1306 «mordre un objet placé entre les dents» maschier le fraing (GUILLAUME GUIART, Royaux lignages, I, 1014 ds T.-L.). Du b. lat. masticare «mâcher»; ce verbe (= gr. ) se substitua en ce sens au début du IVe s. aux verbes ant. mandere et manducare (celui-ci issu du 1er par l'intermédiaire du dér. manducus, proprement «le bâfreur», nom d'un bouffon d'atellanes portant un masque aux énormes mâchoires remuant à grand bruit) quand, mandere n'ayant laissé aucune trace dans les lang. rom., manducare fut utilisé pour exprimer la notion de «manger», v. manger.
DÉR. 1. Mâchement, subst. masc. Action de mâcher. (Dict. XIXe et XXe s.). Pathol. Synon. de mâchonnement (Dict. XIXe et XXe s.). [], [-]. 1res attest. 1538 (EST., s.v. commanduco-commanducatus: le maschement entre les dents), 1867 pathol. (LITTRÉ); de mâcher1, suff. -(e)ment1 2. Mâcheur, -euse, subst. [Correspond à B supra] Mâcheur de qqc. Personne qui a l'habitude de mâcher quelque chose. Sobriquets de racleurs de cuir et de mâcheurs de cachous (CLAUDEL, Soulier, 1929, 3e journée, 2, p. 779). Mâcheurs de gomme en bras de chemise (MORAND, New-York, 1930, p. 71). Au fig., littér. Personne qui prononce, qui dit (quelque chose). Où sont-ils, (...) Tous ces moines, ces vils mâcheurs de patenôtres, Gorgés par tes aïeux de tant de biens pourtant? (LECONTE DE LISLE, Poèmes trag., 1886, p. 136). [], [ma-], fém. [-ø:z]. 1re attest. a) 1562 adj. [muscles] mascheurs (PARÉ, Œuvres, éd. J. Fr. Malgaigne, I, 8, t. 1, p. 123b), b) 1611 subst. «celui qui mâche, celui qui mange» (COTGR.), 1690 (FUR.: Qui disne bien); de mâcher1, suff. -eur2.
BBG. —DUB. Dér. 1962, p. 31 (s.v. mâchement).
II.
⇒MÂCHER2, verbe trans.
A. — 1. Couper quelque chose sans faire une section nette, déchirer. Il est essentiel que les sections de taille soient lisses, régulières, non mâchées, non écrasées (BRUNET, Matér. vitic., 1909, p. 18). Il écarte ce drap du pantalon tout mâché et les paquets de pansements déroulés et puis celui qu'on a laissé en paquet dans le trou (GIONO, Gd troupeau, 1931, p. 56).
2. User ou marquer de façon irrégulière. Cordage mâché. Les boulons (...) ont l'inconvénient d'élargir leurs trous, de mâcher le bois en prenant du jeu (DEGRAND, RÉSAL, Ponts en maçonn., 1888, p. 590):
♦Le mât de misaine n'a rien; il a eu cependant une sévère secousse. Tout le fer du beaupré a manqué, et, chose incroyable, le beaupré n'est que mâché, mais il est complètement dépouillé.
HUGO, Travaill. mer, 1866, p. 183.
Mâcher une balle. Rendre la surface d'une balle irrégulière dans l'intention de la rendre plus dangereuse. Il haïssait les ci-devant princesses, celles qu'il se figurait, dans ses songes pleins d'horreur, mâchant, avec Élisabeth et l'Autrichienne, des balles pour assassiner les patriotes (A. FRANCE, Dieux ont soif, 1912, p. 173).
B. — Meurtrir. Fruits mâchés. «Eh bien? eh bien?» bredouilla Prosper, étourdi, laissant voir, comme un collier, l'empreinte des doigts terribles qui lui avaient mâché la chair (FABRE, Rom. peintre, 1878, p. 101). Il avait l'aisselle toute mâchée par une grande cicatrice [d'un coup de corne] (GIONO, Chant monde, 1934, p. 115).
Prononc.:[], [ma-]. Étymol. et Hist. XIIIe s. «battre, frapper, meurtrir» (Sermon poitevin, 57 ds T.-L.); 1547 par image ou nostre soulier nous mache «le point douloureux» (MARG. DE NAV., Les Marguerites, Trop Prou, Peu, Moins [IV, 176] ds HUG.); spéc. a) 1640 «broyer le chanvre ou le lin» (A. OUDIN, Rech. ital. et fr. d'apr. FEW t. 6, 1, p. 69 b; éd. 1643, p. 359 b); b) 1775 balle machée (RAYNAL, Hist. des Européens dans les deux Indes, XII, LXXXI, t. 2, p. 449); 1840 part. passé adj. «(d'une pièce de bois) dont les fibres ont été émoussées par le frottement d'un corps dur» (Ac. Compl. 1842). Dér. à l'aide de la dés. -er, du rad. onomat. makk- signifiant «presser ensemble», à rattacher à l'all. matsch pop.: adj. «écrasé; pulpeux; bourbeux; battu, défait», subst. «pulpe; bouillie; boue»; matschen id. «écraser, réduire en pulpe; battre, défaire» — et dont les dér. sont représentés outre en Italie et dans la Péninsule ibérique, dans les dial. gallo-rom. aux sens, notamment de «frapper, meurtrir, écraser (spéc. un fruit); broyer (le chanvre, le lin); battre (les gerbes); piler, écraser; exténuer de fatigue; frapper de stupeur», FEW, loc. cit., pp. 66b-74b; cf. l'a. prov. macar «frapper, meurtrir» (XIIe s. ds RAYN.), oils macatz «yeux cernés, battus» (1225-28 Jaufré, éd. C. Brunel, 5202), macat «brisé de fatigue» (ibid., 3263); ainsi que l'a. pic. maque «masse d'armes» (ca 1200 Aiol, 4002 ds T.-L.). Mâcher (Trév. 1752) par confusion avec mâcher1.
STAT. Mâcher1 et 2. Fréq. abs. littér.: 476. Fréq. rel. littér.: XIXe s.: a) 357, b) 769; XXe s.: a) 1010, b) 701.

mâcher [mɑʃe] v. tr.
ÉTYM. V. 1220; maschier, v. 1190; du lat. impérial masticare.
1 Broyer, écraser avec les dents, par le mouvement des mâchoires, avant d'avaler. || Mâcher du pain, de la viande, une boule de gomme (cit. 3). Mastiquer.
Absolt. || Vieillard édenté (cit. 1) qui ne peut plus mâcher. || Muscles qui servent à mâcher. Masticateur; mastication.
1 Il importe que les enfants s'accoutument d'abord à mâcher (…) et quand ils commencent d'avaler, les sucs salivaires mêlés avec les aliments en facilitent la digestion. Je leur ferai donc mâcher des fruits secs, des croûtes.
Rousseau, Émile, I.
2 (…) il mâchait pesamment et en faisant avec la bouche un bruit tel qu'on l'entendait de l'autre bout de la table.
Stendhal, Romans et Nouvelles, « Féder », VI.
2 (1611). Expliquer de façon détaillée pour mieux faire comprendre. || Il faut tout lui mâcher.
Loc. fig. Mâcher les morceaux à quelqu'un (1580), lui mâcher sa besogne, son travail (1690). Faciliter.Mâcher sa leçon à un enfant, la lui expliquer mot à mot, la lui rabâcher, pour qu'il l'apprenne et l'assimile plus facilement (→ Gouverneur, cit. 3).Au p. p. || Il aime la besogne toute mâchée.
3 (Ces historiens…) nous gâtent tout; ils veulent nous mascher (mâcher) les morceaux; ils se donnent loi de juger, et par conséquent d'incliner l'Histoire à leur fantaisie (…)
Montaigne, Essais, II, X.
4 (…) le meilleur moyen de contraindre les hommes à exercer leur jugement n'est pas de leur offrir des doctrines toutes mâchées, mais de stimuler leur appétit et leur curiosité par des surprises incessantes.
A. Maurois, Mémoires, I, IV.
4.1 Quenu, serré d'argent, brutalisé parfois, était parfaitement heureux. Il aimait qu'on lui mâchât sa vie. Florent l'avait trop élevé en fille paresseuse.
Zola, le Ventre de Paris, t. I, p. 72.
(1669). Loc. Ne pas mâcher : dire sans atténuation. || Ne pas mâcher ses mots, son opinion, la vérité : s'exprimer avec une franchise brutale, crûment, sans ménagement (→ Dire tout cru; ne pas envoyer dire). || « Et je ne mâche point ce que j'ai sur le cœur » (cit. 15, Molière).
5 Pour moi, le jésuite, c'est la fourberie, et la fourberie pour fourber… Voilà mon opinion, je ne la mâche pas (…)
Balzac, les Petits Bourgeois, Pl., t. VII, p. 117.
6 (…) Carnot, qui ne mâche pas les mots, lui voit tous les vices de l'Ancien Régime et aucune des vertus du nouveau (…)
Louis Madelin, Talleyrand, I, VI.
3 Triturer longuement dans sa bouche (une substance non comestible qu'on rejette). || Mâcher de l'herbe, du papier pour tromper sa faim (cit. 3). Mâchouiller. || Mâcher du bétel, du chewing-gum, une chique. || Tabac à mâcher. Chiquer. || Mâcher un masticatoire. || Mâcher sa chique.
7 Aucune feuille d'oranger mâchée ne donne la saveur de l'orange.
Hugo, Shakespeare, II, II.
8 Ils mâchaient en rêve des feuilles de coca, du bétel.
G. Duhamel, Salavin, III, XVII.
Fam. (au p. p.). || Figure, mine de papier mâché.
4 (XIVe). Penser sans cesse à (qqch. de désagréable). Remâcher. || Mâcher sa douleur (→ Affecter, cit. 10), son humiliation.
9 Tout en mâchant mon amertume, je m'étonnais de ne pas apercevoir de troupes postées sur la route.
R. Dorgelès, la Drôle de guerre, XX.
5 Par ext. (XVIe). Mordiller (un objet qu'on tient serré entre ses dents). Mâchonner. || Cheval qui mâche son frein, son mors.
10 (…) l'enfant porte (…) fréquemment à sa bouche tout ce qu'il tient, pour le mâcher. On pense faciliter l'opération (l'éruption des dents) en lui donnant pour hochet quelque corps dur (…) Rien de tout cela. Point de grelots, point de hochets (…) un bâton de réglisse qu'il peut sucer et mâcher (…)
Rousseau, Émile, I.
11 Or, les chevaux, soudain, se cabrent, reculant (…)
(…) Ivres, mâchant le mors, et l'épouvante au flanc.
Leconte de Lisle, Poèmes barbares, « Vigne de Naboth », II.
6 Techn. Couper sans faire une section nette, en déchirant. || Lame mal aiguisée qui mâche le bois.
(1867). Méd. || Plaie mâchée, à bords déchiquetés ( Mâchure).
——————
mâché, ée p. p. adj.
Voir à l'article.
DÉR. 2. Mâche, mâchement, mâcheur, mâchoire, mâchon, mâchonner, mâchoter, mâchouiller.
COMP. Mâche-bouchon, mâche-laurier. — Remâcher.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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